Partager Tweet Partager Epingler

La tenue des vestimentaire des geisha est très spécifique, raffinée et parsemée de détails indiquant subtilement l'âge et le niveau d'apprentissage, que seul un œil averti saura décoder. Restée inchangée depuis plusieurs siècles, la tenue traditionnelle des geisha est une œuvre d'art à part entière. Elle diffère légèrement selon l'âge et l'expérience de la geisha.

La tenue d'une geisha se compose principalement d'un kimono de soie, fait à la main et de grande valeur (il peut coûter plusieurs milliers d'euros), fermé dans le dos par un obi, cette large ceinture traditionnelle japonaise. Selon l'âge de la geisha, le nœud du obi ne se fera pas de la même manière. Les apprenties, ou maiko, nouent leur obi en un nœud large qui peut remonter jusqu'aux omoplates et qui retombe au sol en une longue traîne. Ce type de obi s'appelle un obi darari et peut mesurer jusqu'à 10 mètres de long. Les geisha expérimentées portent quant à elles un obi plus court, appelé obi nagoya, sans traîne et porté en « nœud de tambour ». La façon de faire le nœud du obi des geisha peut également légèrement varier selon les régions.

Les kimono sont généralement très colorés et arborent des motifs originaux, différents de ceux des kimono classiques. Les jeunes geisha portent des couleurs vives et des motifs plus voyants que les plus expérimentées, pour lesquelles sont réservés des couleurs et motifs plus subtils convenant à leur statut d'adultes. Le kimono d'une geisha plus âgée se distingue également par son col complètement blanc et porté plus haut au niveau du cou.

Le kimono d'une geisha est plus long que le kimono classique. Appelé kimono hikizuri, il est orné d'une traîne glissant gracieusement au sol. Le kimono est très élégamment porté bas sur les épaules pour dégager la nuque. Tandis que les geisha confirmées portent le kimono à manches courtes (appelé tomesode), les apprenties revêtent quant à elles le kimono furisode, doté de longues manches, modèle généralement associé aux jeunes femmes non mariées.

Les kimono sont faits de tissus lourds, l'ensemble de la tenue pouvant peser jusqu'à 20 kg ! Revêtir sa tenue de geisha requiert donc l'aide d'un habilleur professionnel, en général le seul homme autorisé à entrer à l'intérieur de l'okiya, la maison des geisha.

Lors de certaines occasions importantes, il arrive que les geisha doivent porter un kimono noir uni, appelé kurotomesode, frappé du blason de leur okiya et apparaissant en 5 endroit distincts du vêtement : sur chaque manche, sur chaque épaule et au milieu du dos.

La tenue des geisha est complétée par des tabi, nom traditionnel donné aux chaussettes blanches des geisha, ainsi que par des sandales en bois compensées. Les maiko portent des sandales très épaisses, appelées okobo, tandis que les geisha confirmées portent des zori ou geta, sandales à la semelle beaucoup plus fine. La couleur de la lanière des okobo des apprenties indique le statut de la geisha au sein de la hiérarchie de son okiya. Ainsi, les débutantes portent des okobo à lanière rouge, les lanières jaunes, bleues ou roses étant réservées aux geisha en fin d'apprentissage.

Le maquillage des Geisha

Visage entièrement blanc, lèvres rouge vif et yeux et sourcils noirs : ce maquillage caractéristique associé à l'image de la geisha est en réalité le maquillage des maiko, les apprenties geisha. Pendant les trois premières années de leur apprentissage, les maiko doivent en effet porter un maquillage particulier, très marqué et complexe, qu'elles doivent s'entraîner à réaliser seules, sans l'aide de leurs aînées.

Comment est réalisé le maquillage d'une maiko ? Plusieurs étapes sont nécessaires. La peau du visage, du cou et de la poitrine des maiko est préalablement recouverte d'un mélange de cire et d'huile appliqué à l'aide d'une brosse. Le visage est ensuite entièrement fardé de poudre de riz de couleur blanche, appliqué avec une brosse de bambou. La nuque et le cou sont également recouverts de cette poudre de riz blanche. Les yeux et les joues de la jeune femme sont ensuite colorés de poudre rose, la bouche peinte en rouge vif, les sourcils et le contour des yeux soulignés de khôl noir ou de charbon. En règle générale, durant leur première année d'apprentissage, les jeunes maiko peignent uniquement leur lèvre inférieure en rouge, ce qui leur donne un air boudeur caractéristique. Les années suivantes, elles maquillent en général leur bouche toute entière d'un rouge brillant.

Autrefois, les geisha de l'ère Heian coloraient également leurs dents en noir, signe de beauté et de raffinement à cette époque. De nos jours, la teinte des dents se fait rare mais ce rite est parfois pratiqué chez les maiko durant la dernière semaine de leur apprentissage pour devenir geisha.

Le maquillage des geisha utilisé jadis contenait du plomb, ce qui a valu à beaucoup de ces femmes de souffrir de maladies et d'altération de la peau. Heureusement, les matières utilisées aujourd'hui pour le maquillage des geisha sont principalement naturelles et non nocives. Opération très délicate, le processus de maquillage d'une maiko ne s'apprend pas du jour au lendemain. Les jeunes apprenties se font en général aider au début de leur formation puis doivent apprendre petit à petit à se maquiller seules. Au fur et à mesure de l'avancée de leur carrière, les geisha portent de moins en moins de maquillage, dans le but de laisser peu à peu place à leur beauté naturelle. Ainsi, les geisha de plus de 30 ans ne se maquillent plus que pour les grandes occasions.

L'origine du maquillage blanc des geisha est très incertaine. Certaines théories affirment que la mode du maquillage blanc aurait été ramenée d'Europe par un voyageur japonais au cours du Moyen-Age, tandis que d'autres pensent plutôt que cette tendance aurait été inspirée par les coutumes chinoises, très influentes au Japon durant l'ère Heian (794-1185 avant J.-C.).

La coiffure des geisha

En plus de leur tenue et de leur maquillage, les geisha sont également reconnaissables à leurs coiffures très sophistiquées. Les coiffures des geisha consistent en des chignons traditionnels très élaborés, retenus par des peignes, des épingles à cheveux et décorés d'accessoires qui peuvent varier en fonction des saisons et du statut de la geisha.

Aujourd'hui, beaucoup de geisha utilisent des perruques, appelées shimada, posées par-dessus leurs cheveux en un chignon assez simple. Les maiko ne portent quant à elles jamais de perruques mais arborent de complexes coiffures faites à partir de leurs propres cheveux. Le modèle de chignon le plus connu pour les maiko est appelé « pêche fendue » ou wareshinobu. Il s'agit d'un chignon divisé en deux parties et orné en son milieu d'une étoffe de soie rouge. Les détails et les accessoires apportés à la coiffure évoluent et changent selon les saisons, les événements, l'âge et le niveau d'apprentissage de la geisha. Ainsi, pour un œil avisé, il est possible d'en savoir beaucoup sur une geisha rien qu'en observant sa coiffure.

Les chignons des geisha, et en particulier ceux des maiko, sont toujours décorés d'accessoires ornementaux appelés kanzashi. Durant leurs 5 années de formation, les maiko portent dans leurs cheveux de nombreux kanzashi très élaborés, très souvent de couleurs vives et en formes de fleurs ou d'animaux fabriqués en soie. Au cours de leur première années d'apprentissage, les maiko doivent également ajouter à leur coiffure de superbes hana-kanzashi. Il s'agit d'ornements floraux en soie, fixés sur le sommets de la tête des jeunes femmes et retombant sur le côté jusqu'à hauteur de leur menton.

Les décorations de cheveux portées par les geisha expérimentées sont plus simples et moins voyantes. Les geisha ne portent jamais d'hana-kanzashi.

Les coiffures des geisha sont faites par des coiffeurs spécialisés et sont conçues pour tenir au moins une semaine. Pour ne pas abîmer leur coiffure en dormant, les geisha doivent alors dormir plusieurs nuits d'affilée sur un repose-nuque, appelé takamakura, qui maintient leur tête au-dessus de la surface du lit.

Pour en savoir plus sur les geisha

Histoire des geisha

Les premières femmes artistes ayant pour fonction que de divertir et d'accompagner les élites sont apparues au 7ème siècle au Japon. Appelées les saburuko, elles avaient pour tâche de faire la conversation, de danser mais aussi de vendre des faveurs sexuelles.

Comment devenir geisha

Devenir geisha était le rêve de nombreuses jeunes filles japonaises mais ce métier n'est pas accessible facilement. Mais cela nécessite de longues années d'apprentissage, de discipline et une formation quasi militaire.

Où voir des geisha

Il est possible de voir des geisha et des maiko dans les villes de Tokyo et de Kyoto, là où s'établissent les quartiers où elles vivent et où elles sont formées. On les appelle des hanamachi, ou ville de fleurs.

Quelle est la vie d'une geisha

Dame de compagnie pour les élites, la geisha a pour rôle d'animer les soirées et les ozashiki (banquets) organisés par les riches hommes d'affaires.

Geisha et prostitution, mythe ou réalité ?

Le métier de geisha est souvent assimilé à tort à la prostitution, en particulier dans notre vision occidentale. Dames de compagnie pour clients fortunés, les geisha ne vendent pas pour autant de faveurs sexuelles.

Gardons le contact