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Le travail occupe une place prépondérante dans la vie de la majorité des japonais, en particulier des hommes. Jusqu'au début des années 1990, l'économie au Japon était en pleine essor, promettant à tous les jeunes étudiants à peine sortis de l'université un poste à vie en échange d'un dévouement corps et âme à l'entreprise. Longtemps associée à l'idée du Japon fort et conquérant, cette glorieuse image du travailleur japonais a fini par s'effondrer pour laisser place à une difficile réalité.

La réussite professionnelle à tout prix, le dévouement sans limite à l'entreprise et la compétitivité sont les valeurs maîtresses dans le monde du travail au Japon. En 2016, 22% des japonais travaillent plus de 50 heures par semaine et ne prennent en moyenne que 9 jours de congés par an. Le travail passe ici avant la vie de famille et la plupart des employés d'entreprise ne voient que rarement leur femme et leurs enfants. Ces employés destinés à servir l'entreprise qui les paie en échange d'un sacrifice inestimable, sont appelés les « salarymen » et se comptent par millions au Japon. La vie servile de ces employés de bureaux se limite à des journées de travail de plus de 12 heures, et, le soir venu, à des retrouvailles entre collègues dans des bars et restaurants où les boissons alcoolisées, les rires et les confessions viennent dissiper le stress provoqué par les interminables heures passées au bureau. Ces salarymen rentreront chez eux très tard par le dernier train de banlieue, avant de recommencer le même processus dès le lendemain matin.

Ces dociles esclaves de l'entreprise « Japon » paient aujourd'hui le prix fort pour un salaire qui ne leur permet même pas de profiter de leur famille. La crise économique des années 1990 a mis un terme à l'évolution des salaires, à la garantie du travail à vie et les salarymen ne sont plus les glorieux soldats qu'ils semblaient être. Le stress, les horaires excessifs, le surmenage et la solitude imposés par ce mode de vie donnent lieu au phénomène des « karoshi », connu depuis la fin des années 60. « Karoshi » signifie « mort par excès de travail » et définit les cas de décès par arrêt cardiaques des employés et cadres suite à une surcharge de travail et à un stress trop important. Le karoshi est un phénomène en hausse et est reconnu comme maladie professionnelle typique du Japon. En 2012, plus de 800 cas de décès par surcharge de travail ont été répertoriés dans l’archipel.

Une étude réalisée en 2016 indique que, sur 35 pays, le Japon est la nation où les salarié sont les moins heureux au travail. Une partie de la jeune génération de salariés tente aujourd'hui de se défaire de cette soumission à l'entreprise et de cette idée d'une vie entièrement dédiée au travail. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à considérer, à raison, que la vie privée ne doit pas être engloutie par la vie professionnelle.

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