Je m’attendais à de la neige. Beaucoup de neige. Comme tout le monde, j’imaginais Hokkaido recouverte d’un manteau blanc, version carte postale hivernale avec des sources chaudes et des singes qui se prélassent. Mais ce que j’ai vu, ce matin-là de septembre, m’a littéralement cloué sur place. Une forêt entière flamboyante, des érables en feu, des montagnes dorées jusqu’à l’horizon. Et ce silence… Ce silence incroyable, juste brisé par le bruissement des feuilles. C’était l’automne. Et c’était magique.
Hokkaido, on la connaît surtout pour ses hivers. Et pourtant, l’automne y est un trésor encore largement ignoré. Tandis que les foules se ruent à Kyoto pour admirer les érables de Tōfuku-ji, ici, dans le nord sauvage du Japon, les parcs nationaux déroulent des paysages spectaculaires — sans bruit, sans cohue. Juste vous, la nature, et cette lumière dorée qui donne envie de ralentir le pas.
Mais pourquoi l’automne à Hokkaido est-il si particulier ? Qu’est-ce qui rend ses parcs nationaux si inoubliables à cette saison ? Dans cet article, je vous embarque sur les sentiers du Daisetsuzan, de Shiretoko ou encore d’Akan-Mashu pour vous faire découvrir un Japon différent. Plus brut. Plus vaste. Et peut-être plus émouvant.
Quand et pourquoi visiter Hokkaido à l’automne ?
Si vous planifiez un voyage Japon, vous pensez sûrement aux cerisiers en fleurs du printemps ou aux néons de Tokyo en été. Mais l’automne, surtout dans le nord, a quelque chose de profondément apaisant — et à Hokkaido, il commence tôt, dès la mi-septembre. C’est l’une des premières régions du pays à se couvrir de couleurs flamboyantes. Les montagnes se teintent de rouge, d’orange et de jaune, comme si la nature voulait dire adieu à l’été en beauté.
Ce qui frappe à cette saison, c’est l’équilibre parfait : des températures fraîches mais agréables, un ciel souvent dégagé, et une lumière dorée qui fait ressortir les reliefs comme dans un film de Miyazaki. Et puis surtout… pas de foule. Contrairement aux spots ultra-touristiques de Honshu, ici, on peut marcher pendant des heures sans croiser grand monde. Juste des arbres, des sentiers, et parfois un cerf ou un écureuil curieux.
L’autre avantage, c’est que l’automne est une période où la faune s’active avant l’hiver. Si vous aimez la rando, les bains chauds en pleine nature, et les paysages à couper le souffle, un voyage au Japon en automne, et plus précisément à Hokkaido, risque bien de vous surprendre. Dans le bon sens du terme.
Parc national de Daisetsuzan (大雪山)
C’est ici que j’ai compris ce que « grandiose » voulait dire au Japon. Le Daisetsuzan, c’est un peu le géant silencieux d’Hokkaido. Avec ses 2 300 km² de montagnes, de forêts, de sources chaudes et de vallées perdues, c’est le plus grand parc national du pays… et pourtant, il reste étonnamment méconnu des voyageurs. Autant vous dire que si vous aimez marcher dans des paysages de carte postale sans croiser un bus entier de touristes, c’est l’endroit rêvé.
À l’automne, le Daisetsuzan est le tout premier endroit du Japon où les feuillages virent au rouge. Dès la mi-septembre, les sommets s’enflamment, et la vague de couleurs descend lentement vers les vallées. C’est comme assister à un spectacle en avant-première. Le must ? Monter au mont Asahidake, le plus haut sommet d’Hokkaido. Un téléphérique vous emmène à mi-hauteur, et de là, plusieurs sentiers vous plongent dans un décor de mousse, de ruisseaux et de fumerolles volcaniques. C’est beau, brut, presque irréel.
Un peu plus à l’est, le mont Kurodake offre une autre option de rando, avec des vues imprenables sur les crêtes embrumées. Et pour les amateurs de détente, direction les onsen de Sōunkyō, un petit village thermal niché dans une gorge. Rien de mieux que de tremper dans une eau chaude en regardant les érables rougir autour de vous.
Petit conseil : à cette période, il peut déjà faire frais en altitude, voire froid le matin. Prévoyez une bonne polaire, des gants, et des chaussures de marche solides. Et gardez à l’esprit que le parc est immense : mieux vaut se concentrer sur une zone ou deux plutôt que vouloir tout faire en trois jours.
Bref, si vous cherchez une expérience nature inoubliable lors de votre voyage au Japon, le Daisetsuzan en automne coche toutes les cases : solitude, beauté brute, feuillages flamboyants, et cette impression rare d’être tout petit face à quelque chose de beaucoup plus grand que soi.
Parc national de Shiretoko
Si Daisetsuzan vous donne le vertige par sa grandeur, Shiretoko, lui, vous donne l’impression d’avoir atteint la fin du monde. Littéralement. Ce parc classé au patrimoine mondial de l’UNESCO se trouve à l’extrémité nord-est d’Hokkaido, sur une péninsule sauvage, entre montagnes, forêts primaires et falaises plongeant dans la mer d’Okhotsk. En automne, c’est un autre Japon qui s’ouvre à vous : brut, isolé, un peu mystique.
Ce qui rend Shiretoko unique, c’est cette impression de territoire encore indompté. Ici, les routes ne vont pas jusqu’au bout. Les derniers kilomètres ne se font qu’à pied ou en bateau. Et ce n’est pas une figure de style : les ours bruns sont chez eux, et les panneaux vous le rappellent gentiment mais fermement. Cela dit, si vous restez sur les sentiers balisés, tout se passe bien — et vous aurez peut-être la chance de croiser un cerf ou un renard roux dans la lumière dorée de fin de journée.
En automne, les Cinq Lacs de Shiretoko (Shiretoko Goko) offrent un spectacle magique : des reflets de feuillages rouges et or dans des eaux calmes, avec en toile de fond les sommets déjà saupoudrés de neige. Une passerelle surélevée permet de s’y promener facilement, même sans équipement de rando.
Autre expérience forte : une croisière en bateau le long de la côte ouest. À cette saison, la lumière rasante transforme les falaises en cathédrales de pierre, et vous pourrez peut-être apercevoir des aigles de Steller, des otaries ou même des baleines, si vous êtes chanceux.
Shiretoko, c’est l’aventure dans ce qu’elle a de plus poétique. Il faut parfois faire un peu de route pour y accéder (depuis Abashiri ou Kushiro), mais croyez-moi, ça vaut chaque kilomètre. Et dans le cadre d’un voyage au Japon qui sort des sentiers battus, c’est une pépite rare. Un endroit où l’automne n’est pas seulement une saison, mais une sensation.
Parc national d’Akan-Mashu
Bienvenue dans l’un des endroits les plus mystérieux d’Hokkaido. Akan-Mashu, c’est le parc des lacs profonds, des volcans endormis, des forêts de bouleaux et… des légendes. Ici, l’automne ne se contente pas de colorer les paysages : il les transforme en toiles vivantes, où chaque reflet semble vous parler.
Trois lacs volcaniques se partagent la vedette : le lac Akan, célèbre pour ses petites boules d’algues vertes (les marimo), le lac Mashu, connu pour être l’un des plus limpides du monde (quand il n’est pas caché par une brume quasi mystique), et le lac Kussharo, vaste, sauvage, parfois enveloppé de vapeur. À l’automne, leurs rivages se parent de feuillages rouges et dorés qui contrastent avec le bleu profond des eaux. Une vraie claque visuelle.
Mais ce parc, c’est aussi une rencontre avec une autre culture : celle des Aïnous, le peuple autochtone d’Hokkaido. Dans le village d’Ainu Kotan, vous pouvez découvrir leurs danses traditionnelles, leurs chants, leur artisanat — et comprendre un peu mieux cette identité japonaise méconnue, ancrée dans la nature et les esprits. Une halte parfaite pour donner du sens à votre voyage au Japon, au-delà des temples et des gratte-ciel.
Envie de vous poser entre deux randos ? Direction un onsen naturel, à ciel ouvert. Il y en a plusieurs dans la région, parfois avec vue sur les lacs. L’eau chaude, l’air frais de l’automne, les feuilles qui tombent autour de vous… difficile de faire plus japonais.
Et comme toujours en automne à Hokkaido : prévoyez des vêtements chauds (même pour les trajets en voiture), et pensez à vérifier la météo. Le lac Mashu, par exemple, est souvent noyé dans la brume – mais croyez-moi, c’est justement ce qui rend l’endroit magique. Vous aurez l’impression de flotter dans un rêve.
Conclusion : Et si l’automne au Japon vous emmenait plus loin que prévu ?
On pense souvent que l’automne au Japon, c’est Kyoto, ses temples et ses hordes de photographes postés devant un érable rouge. Mais Hokkaido, c’est une toute autre histoire. Ici, pas de foule. Pas de mise en scène. Juste la nature qui parle vrai.
Dans les parcs de Daisetsuzan, de Shiretoko ou d’Akan-Mashu, on redécouvre ce que veut dire marcher sans but autre que de regarder. Écouter le vent dans les bouleaux. S’arrêter pour suivre le vol d’un aigle. Plonger dans une source chaude alors que le soir tombe et que les feuilles continuent de tomber, lentement, autour de vous.
Si vous rêvez d’un voyage au Japon loin des circuits classiques, d’un Japon qui respire, qui prend son temps, alors l’automne à Hokkaido est peut-être ce qu’il vous faut. Un Japon plus brut. Plus vrai. Et peut-être, au fond, plus inoubliable.
Alors… vous venez ?
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